La population de Marseille s’établit à 886 040 habitants selon le dernier recensement de l’Insee réalisé en 2022 (publié fin 2025). La deuxième ville de France retrouve ainsi son niveau démographique de la fin des années 1960, après un creux marqué en 1999 où elle était passée sous la barre des 800 000 administrés.
Croissance démographique de Marseille : un rythme modéré mais constant
Entre 2017 et 2023, la population de Marseille a progressé d’environ 0,4 % par an. Ce rythme reste inférieur à celui de la plupart des autres grandes villes françaises, mais il marque une accélération par rapport à la période 2012-2017, où la croissance avoisinait 0,3 % par an.
A lire en complément : Prospecteur foncier : rôle et missions expliqués en détail
Pour situer l’ampleur du rebond : après avoir atteint un pic à plus de 908 600 habitants en 1975, la ville avait perdu plus de 100 000 résidents en vingt-cinq ans. La reprise amorcée au début des années 2000 n’a jamais cessé depuis.
À ce rythme, plusieurs projections évoquent un franchissement du seuil symbolique du million d’habitants aux alentours de 2050, ce qui placerait Marseille dans une dynamique comparable à celle des grandes métropoles méditerranéennes européennes.
A lire également : Coût de la vie en France : la localisation idéale pour économiser

Nouveaux habitants de Marseille : des migrations internes à la région PACA
Le profil des nouveaux Marseillais a changé. La croissance repose désormais davantage sur les migrations résidentielles internes à la métropole et au département que sur le solde naturel (naissances moins décès) ou sur une immigration internationale.
Concrètement, Marseille attire des ménages venus d’autres communes de la région Provence-Alpes-Cote d’Azur ou de départements limitrophes. Le schéma typique : des actifs qui se rapprochent du bassin d’emploi marseillais, ou des familles à la recherche de prix immobiliers plus accessibles que dans certaines villes voisines.
Un solde migratoire longtemps déficitaire
La part des nouveaux arrivants dans la population totale reste la plus faible parmi les douze plus grandes villes de France : 2,9 % en 2022, contre une moyenne de 7,2 %. Ce chiffre était encore de 3,4 % en 2016. Marseille perd donc proportionnellement plus de résidents vers l’extérieur qu’elle n’en gagne, même si le solde migratoire tend progressivement vers l’équilibre.
Cette faible attractivité résidentielle relative distingue Marseille de métropoles comme Lyon, Bordeaux ou Nantes, qui captent une part bien plus large de nouveaux arrivants chaque année.
Profil socio-économique des Marseillais : emploi, revenus et pauvreté
L’âge moyen de la population marseillaise se situe autour de 40 ans, avec une population active représentant un peu plus de quatre habitants sur dix. Le taux de chômage des 15-64 ans a fortement reculé ces dernières années : il est passé de 12,2 % en 2016 à 9,4 % en 2022, passant sous la moyenne des grandes villes françaises (11,2 %).
Les indicateurs de revenus restent plus contrastés. Quelques repères issus du recensement :
- La médiane du niveau de vie s’établit à 20 600 euros annuels, contre 22 724 euros en moyenne dans les douze plus grandes villes du pays.
- Le taux de pauvreté atteint 26 % (seuil à 60 % du revenu médian), nettement au-dessus de la moyenne du panel (21,6 %).
- Le nombre d’emplois pour 1 000 habitants plafonne à 417,6, loin de la moyenne de 612,4, ce qui traduit un déficit structurel de postes sur le territoire communal.
Ce décalage entre la baisse du chômage et la persistance de la pauvreté s’explique en partie par la nature des emplois créés : beaucoup de contrats courts, de temps partiels et de postes dans le secteur tertiaire à bas salaires.

Immigration et diversité : la part des populations étrangères à Marseille
La part des étrangers dans la population marseillaise s’élève à 11,9 % en 2022, légèrement en dessous de la moyenne des grandes villes (12,5 %). Celle des immigrés (personnes nées étrangères à l’étranger, qu’elles aient ou non acquis la nationalité française) atteint 16,1 %, un chiffre très proche de la moyenne nationale des métropoles (15,9 %).
Marseille n’est donc pas une exception en matière de diversité parmi les grandes agglomérations françaises. La spécificité tient plutôt à l’ancienneté des vagues migratoires successives (Italie, Espagne, Maghreb, Comores) qui ont façonné l’identité des quartiers bien avant la période récente.
Inscriptions sur les listes électorales : un indicateur d’ancrage
En février 2026, Marseille comptait 555 210 inscrits sur les listes électorales, soit une hausse d’environ 9 % par rapport à 2020 (47 798 nouveaux électeurs potentiels). Cette progression traduit à la fois l’arrivée de nouveaux résidents et l’inscription de jeunes majeurs issus de la population déjà présente.
Densité de population et logement : ce que les chiffres révèlent des quartiers
Avec une densité d’environ 3 700 habitants au kilomètre carré, Marseille présente un visage très hétérogène selon les arrondissements. Les quartiers centraux et ceux du nord concentrent les densités les plus fortes, tandis que les collines du sud et de l’est restent nettement moins peuplées.
La part des résidences principales s’élève à 88,9 % du parc de logements, un peu au-dessus de la moyenne des grandes villes (86,5 %). Marseille reste une ville de résidents permanents, avec une proportion de résidences secondaires et de logements vacants relativement contenue pour une métropole littorale.
Le dynamisme entrepreneurial, en revanche, reste en retrait : le taux de créations d’entreprises pour 1 000 habitants se situe à 22,34 en 2024, contre 27,2 en moyenne dans le panel de référence. Le tissu commercial suit la même tendance, avec un taux de vacance commerciale de 15 % en 2025 et un nombre de commerces pour 1 000 habitants (24,95) inférieur à la moyenne.
La population de Marseille progresse, mais à un rythme qui ne comble pas l’écart avec des métropoles comme Lyon. Les nouveaux habitants viennent majoritairement de la région, attirés par un marché immobilier encore accessible. Le défi des prochaines années tient moins au nombre qu’au profil : transformer cette croissance résidentielle en dynamisme économique local reste le point de friction principal.

